Risques avérés du Depo-Provera
Des recherches récentes ont mis en évidence des risques avérés liés à l’utilisation prolongée du Depo-Provera. En mars 2024, une étude publiée dans le British Medical Journal a révélé que les femmes utilisant ce contraceptif injectable depuis plus d’un an avaient un risque cinq à six fois plus élevé de développer des méningiomes intracrâniens, des tumeurs cérébrales bénignes, comparé aux non-utilisatrices.
Suite à ces découvertes, les autorités sanitaires françaises ont renforcé les conditions de prescription à partir du 1ᵉʳ juillet 2024 : au-delà d’un an de traitement, la délivrance du Depo-Provera nécessite désormais une attestation annuelle d’information co-signée par le médecin et la patiente, accompagnée d’un document détaillant les risques et les recommandations médicales.
Source : British Medical Journal, mars 2024
Retour sur… le Scandale de la contraception forcée des Juifs éthiopiens en Israël
Le mystère est enfin levé sur l’étonnante baisse de 50 % du taux de fécondité des Juifs éthiopiens d’Israël depuis 2000. Après cinq années de démentis successifs, le gouvernement israélien a admis qu’il avait instauré un système de contraception des femmes immigrées d’origine éthiopienne avant leur arrivée en Israël.
Trente-cinq immigrées éthiopiennes affirment avoir été forcées d’accepter une injection de Depo-Provera, un agent contraceptif de longue durée, au risque de ne pas être autorisées à pénétrer sur le territoire israélien. « Ils nous disaient qu’il s’agissait d’un vaccin », raconte une femme interrogée par la journaliste Gal Gabbay, selon le quotidien israélien Haaretz. « Ils nous disaient que les gens qui ont beaucoup d’enfants souffrent. »
Une autre Éthiopienne, Emawayish, témoigne également : « Nous leur disions que nous ne voulions pas l’injection. » Mais les autorités répondaient que « si nous n’en voulions pas, nous n’irions pas en Israël ». Pire encore, elles n’auraient pas eu accès aux aides ou aux soins médicaux. « Nous étions effrayées. Nous n’avions pas le choix. »
Un revirement officiel
Les accusations ont d’abord été formellement démenties par le Joint (American Jewish Joint Distribution Committee), qui affirmait que les ateliers de planning familial visaient uniquement à informer les immigrants sur l’espacement des naissances. Le ministère israélien de la Santé a également nié avoir recommandé l’utilisation de ce contraceptif.
Cependant, six semaines après la diffusion du reportage, le professeur Roni Gamzu, directeur général du ministère de la Santé, a ordonné la fin immédiate de cette pratique. Dans une directive officielle, il demande aux gynécologues de « ne pas renouveler les prescriptions de Depo-Provera pour les femmes d’origine éthiopienne ou d’autres femmes qui, pour toutes sortes de raisons, ne comprennent pas les implications de ce traitement ».
Des discriminations persistantes
Pour Marc Grey, porte-parole de l’Association pour les droits civiques en Israël (ACRI), cette directive constitue « un aveu important que ce phénomène a bien existé ». Cet épisode vient s’ajouter à d’autres discriminations subies par les Juifs éthiopiens en Israël.
Longtemps coupés des autres communautés juives, ils n’ont été reconnus comme Juifs qu’en 1975. Depuis, Israël a organisé des opérations de rapatriement, portant leur nombre à environ 120 000 aujourd’hui. Pourtant, ces populations continuent de faire face à d’importantes barrières culturelles et à un racisme institutionnel.

