Non à l'Europe sous commandement américain ! – Le coup de gueule oublié de De Gaulle en 1953 min

« Non à l’Europe sous commandement américain ! » – Le coup de gueule oublié de De Gaulle en 1953

Le 25 février 1953, le général de Gaulle tient à Paris une conférence de presse au cours de laquelle il se prononce en faveur de la coopération entre les États européens dans le domaine de la défense, tout en s’opposant à la création de la Communauté européenne de défense (CED).

« Quelle atmosphère étrange, quel malaise indéfinissable, pèsent aujourd’hui sur notre pays dès qu’on évoque sa défense ! »

C’est par ces mots que le Général de Gaulle ouvre sa conférence de presse du 25 février 1953, dénonçant avec véhémence le projet d’armée européenne alors en discussion. Dans un contexte de profonde dépression nationale et d’affaiblissement de l’État français, le leader de la France Libre s’élève contre ce qu’il considère comme une abdication de la souveraineté nationale.

Une Europe qui n’existe pas

« Pour qu’il y ait l’armée européenne, c’est-à-dire l’armée de l’Europe, il faut d’abord que l’Europe existe, en tant qu’entité politique, économique, financière, administrative et, par-dessus tout, morale. »

De Gaulle déconstruit méthodiquement le projet d’armée européenne, soulignant qu’une véritable armée européenne supposerait l’existence préalable d’une Europe unie, dotée d’une identité politique et morale suffisamment forte pour inspirer le sacrifice de ses citoyens. Or, constate-t-il, cette Europe n’existe pas : « Pas un homme sérieux n’oserait répondre oui » à cette question.

Une subordination à la stratégie américaine

Le Général dénonce avec force ce qu’il perçoit comme une mise sous tutelle américaine :

« Cette armée dite ‘européenne’ que le traité prétend bâtir, il la remet pour l’emploi, organiquement, automatiquement, uniquement, au commandant en chef atlantique, c’est-à-dire, pour peu qu’on veuille bien ne pas jouer sur les mots, au commandant en chef américain en Europe.« 
 

Il met en garde contre les conséquences désastreuses pour la souveraineté française, soulignant que le commandant en chef atlantique disposerait de pouvoirs quasi discrétionnaires sur les contingents français, sans aucun contrôle du gouvernement national.

Un projet aux fondements mensongers

De Gaulle identifie quatre affirmations fausses qui, selon lui, sous-tendent le projet :

  1. La prétendue nature européenne de cette armée
  2. L’assurance d’un concours américain sans compromission de l’indépendance
  3. La capacité des institutions supranationales à assurer la défense commune
  4. La prétention d’empêcher le réarmement de l’Allemagne
« Il est très clair que ce traité combiné avec l’actuelle politique américaine, mène directement à l’hégémonie militaire et politique du Reich en Europe. »
 
 

Conséquences pour la France et l’Union Française

Le Général alerte sur les conséquences désastreuses qu’aurait ce traité pour l’Union Française et la position internationale de la France :

« Quel Africain, quel Asiatique, voudrait croire en effet que, dans l’état présent du monde, le sort de son propre pays doive être dorénavant associé à celui d’une France qui n’aurait même plus d’armée à elle, chez elle? »

Il prédit que la ratification du traité signifierait la fin de la politique étrangère indépendante de la France, réduite à n’être plus qu’un « instrument militairement et politiquement soumis à la discrétion des autres ».

Dans cette conférence de presse marquante, Charles de Gaulle expose avec clarté et force son opposition fondamentale au projet d’armée européenne, qu’il considère comme une menace existentielle pour la souveraineté française et l’identité nationale. Son analyse préfigure les positions qu’il défendra plus tard en tant que Président de la République, notamment lors de la crise de la chaise vide en 1965 et le retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966.

Source

Le Plan AMGOT Une Domination Sous Couvert de Libération de Gaulle 1944 bayeux min

Le Plan AMGOT : Une Domination Sous Couvert de Libération ?

Une administration « temporaire », mais une mainmise durable ?

L’AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories) n’était pas qu’un simple projet administratif. Derrière l’objectif affiché de rétablir l’ordre dans les territoires libérés, se cachait une volonté stratégique claire des États-Unis et du Royaume-Uni : imposer une structure de contrôle total sur les pays d’Europe de l’Ouest, affaiblis par la guerre, et prévenir toute résurgence nationale hors de leur influence.

Une souveraineté suspendue

En France, l’AMGOT prévoyait de remplacer toutes les structures étatiques par une administration militaire dirigée depuis Londres et Washington. Les services publics, la monnaie, la justice, les douanes, l’enseignement, tout aurait été régi par des officiers alliés. Le peuple français aurait été, en pratique, administré comme un territoire occupé.

l’AMGOT prévoyait de remplacer toutes les structures étatiques Billet de 2 francs min

La monnaie comme levier de domination

Les Alliés avaient préparé l’impression massive des « Francs de la Libération », fabriqués à l’avance aux États-Unis sans concertation avec aucune autorité française. Cette monnaie devait être imposée au peuple, remplaçant les anciens francs, et donnant aux puissances anglo-saxonnes un contrôle immédiat sur l’économie du pays, tout en affaiblissant l’autorité du gouvernement français provisoire.

Un modèle déjà appliqué ailleurs

L’expérience AMGOT avait été testée avec succès en Italie dès 1943. Après la chute de Mussolini, les Alliés prirent le contrôle complet du pays par le biais d’une administration militaire, en écartant les forces politiques locales. L’intention était d’appliquer ce même modèle en France, puis dans les autres pays d’Europe libérés, pour y installer des régimes « amis » et dociles.

L’influence américaine déguisée

L’AMGOT n’était pas simplement une mesure d’urgence. C’était une véritable stratégie d’influence impériale. En privant les nations de leur autorité au nom de la reconstruction, les États-Unis espéraient modeler l’Europe selon leur vision politique, économique et culturelle, érigeant des institutions favorables à leurs intérêts, et limitant l’émergence de contre-pouvoirs souverains.

Le refus de De Gaulle

Le général Charles de Gaulle fut l’un des seuls dirigeants européens à refuser catégoriquement ce projet. Il comprit que l’AMGOT menaçait l’indépendance française autant qu’une invasion ennemie. Grâce à sa diplomatie et à son insistance, il parvint à empêcher l’implantation officielle de l’AMGOT en France, imposant la légitimité du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) dès la libération de Paris.

Conséquences géopolitiques

Bien que l’AMGOT ne fût jamais appliqué en France, son esprit resta vivace à travers d’autres programmes américains comme le Plan Marshall, qui poursuivit la reconstruction économique de l’Europe sous forte influence états-unienne. Cette domination « douce » marqua le début de la guerre froide d’influence et du partage des sphères entre puissances victorieuses.

L’AMGOT représente bien plus qu’une administration provisoire. C’était un outil politique et économique visant à rediriger l’avenir de l’Europe occidentale. Son rejet en France a permis la réaffirmation d’une souveraineté nationale, mais son esprit n’a jamais complètement disparu. Il pose une question toujours actuelle : la liberté peut-elle exister sous tutelle étrangère, même bienveillante en apparence ?

François Asselineau parle du 6 juin 1944…

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Sources:

« Histoire secrète : « A.M.G.O.T », ou quand les Américains ont tenté d’annexer la France » – Mediapart

« 6 juin 1944 : l’autre bataille de la France » – information.tv5monde.com