Avertissement: Nous allons aborder un sujet rapidement jugé « complotiste » et « antisémite » par des croyants, des organisations et parfois la justice. De fait, cet article classe ce qui est officiel ou pas selon « des gens ». A vous de croiser les infos par ces quelques pistes montrées ici pour y découvrir le sujet en profondeur pour avoir une opinion.
Un texte circule depuis des années sur Internet. Il promet de révéler un plan caché. Un complot. Une stratégie froide pour anéantir des nations entières. Et au centre de cette histoire, un nom : Menachem Mendel Schneerson. Le Rebbe de Chabad-Loubavitch. Mais que dit vraiment ce document ? Et surtout, que disent les sources fiables ?
Schneerson: le « grand manitou » d’un empire invisible
Menachem Mendel Schneerson n’est pas juste un rabbin. C’est une sorte de super-stratège, un architecte de l’ombre, dont l’influence dépasserait largement le cadre religieux. Dans leur narration, il devient le personnage majeur d’un système de pouvoir mondial, souvent associé à Chabad-Loubavitch, au « sionisme », et parfois à des réseaux encore plus larges (banques, services secrets, élites politiques).
Pourquoi Schneerson est-il si important dans ces théories ?
D’après ces récits, plusieurs éléments font de lui une pièce centrale :
Son statut de « Rebbe » charismatique : il a dirigé un mouvement mondial, avec des milliers de centres (maisons Chabad) dans presque tous les pays. Pour les complotistes, ce n’est pas un réseau religieux, c’est une infrastructure d’influence.
Son image messianique : une partie de ses partisans l’a présenté comme un Messie potentiel. Lui refuse en public ce titre.
Sa longévité et son réseau : il a été actif pendant des décennies, a rencontré des chefs d’État, des hommes d’affaires, des personnalités politiques. Les rencontres ne sont pas diffusées par les médias mainstream, contrairement à d’autres chefs religieux. Du coup, chaque photo, chaque rencontre mène à des questionnements et pour certains devient comme une preuve de connexions secrètes.
Qui contrôlerait Schneerson (ou son « réseau »)?
Dans ces théories, Schneerson (ou le « réseau Chabad » inspiré par lui) contrôlerait ou influencerait :
1. Des chefs d’État et des présidents
Les noms qui reviennent le plus :
Vladimir Poutine : présenté comme un « pion » ou un « allié » de Chabad. Le grand rabbin de Russie, Berel Lazar (proche de Chabad), est surnommé « le rabbin de Poutine ».
Donald Trump : son gendre Jared Kushner est décrit comme un soutien de Chabad. Des mémos FBI fuités (souvent interprétés de façon très orientée) affirment que Chabad aurait cherché à « coopter » la présidence Trump via Kushner.
D’autres leaders sont parfois cités : Netanyahu, certains présidents d’Europe de l’Est, etc.
L’idée générale ressentie : Schneerson aurait posé les bases d’un réseau capable de placer des hommes clés dans les plus hautes fonctions. Cela passe par de grandes écoles ou des promotion comme les Young Leaders etc, qui ne sont pas vraiment un apprentissage mais un passage public pour légitimer leur parachutage.
2. Le système financier et les banques
Les complotistes lient souvent Chabad et Schneerson à :
La Réserve fédérale américaine (Fed), présentée comme « contrôlée par des banquiers juifs proches de Chabad ».
Des familles bancaires historiques (Rothschild, etc.), même si historiquement, ces familles n’ont rien à voir avec Chabad.
Des institutions comme le FMI, la Banque mondiale, le Forum économique mondial (WEF), où certains dirigeants ont reçu des prix ou participé à des événements Chabad.
Pour eux, ce n’est pas de la simple participation à des événements publics. C’est la preuve d’une mainmise sur la finance mondiale.
3. Les médias et l’opinion publique
Dans ces théories, le « réseau Schneerson/Chabad » :
Contrôlerait une partie des grands médias (chaînes TV, journaux, agences de presse).
Utiliserait ces médias pour :
- Diaboliser les ennemis supposés (Russes, nationalistes, mouvements souverainistes).
- Promouvoir un agenda « globaliste » (frontières ouvertes, déclin des nations, etc.).
- Cacher les « vrais plans » (comme le « discours sur les Slaves »).
L’idée : l’opinion publique serait façonnée en sous-main par ce réseau.
4. Les services secrets et les opérations géopolitiques
Certains récits vont encore plus loin et affirment que :
Chabad serait une couverture religieuse du Mossad (les services secrets israéliens).
Schneerson aurait validé ou inspiré des opérations pour :
- Déclencher des guerres (Yougoslavie, Irak, Ukraine, etc.).
- Provoquer des attentats (parfois le 11 septembre est cité, sans aucune preuve).
- Manipuler des mouvements terroristes ou des conflits pour servir un « scénario de fin des temps ».
Dans cette version, Schneerson devient une sorte de grand metteur en scène de l’histoire récente.
Comment contrôlerait-il tout ça, selon ces théories ?
Les mécanismes décrits sont souvent un mélange de :
Réseaux d’argent : des oligarques, des banquiers, des donateurs financeraient massivement Chabad. En échange, ils obtiendraient une protection politique, des accès, des faveurs.
Réseaux religieux et éducatifs : des écoles, des centres communautaires, des œuvres caritatives serviraient de couverture pour :
- Repérer des talents.
- Placer des gens dans des positions clés.
- Créer un réseau de loyautés.
Influence spirituelle et psychologique : Schneerson est décrit comme un maître de la manipulation mentale, capable de :
- Convaincre des gens de le suivre aveuglément.
- Utiliser la religion, la Kabbale, le messianisme pour justifier des plans politiques.
Alliances avec des élites non juives : dans certaines versions, Chabad collaborerait avec :
- Des familles royales.
- Des francs-maçons.
- Des groupes satanistes ou « illuminatisés ».
Schneerson deviendrait alors un nœud central entre plusieurs réseaux de pouvoir.
Quel serait le but final, selon les « complotistes » ?
Les objectifs attribués à Schneerson (ou à son « mouvement ») varient selon les auteurs, mais on retrouve souvent :
- Instaurer un gouvernement mondial sous influence juive/Chabad.
- Détruire les nations traditionnelles, surtout les nations chrétiennes et slaves.
- Préparer un scénario de « fin des temps » (Armageddon, venue du Messie, Troisième Temple à Jérusalem).
- Réduire la population mondiale (via guerres, déclin démographique, crises).
- Mettre en place un système de contrôle total (numérique, financier, sanitaire, etc.).
Dans cette narration, le « discours sur les Slaves » n’est qu’un chapitre d’un plan beaucoup plus vaste.
1. L’origine du texte viral
Tout commence avec un titre accrocheur. « Chabad leader, Messiah Menachem Mendel Schneerson on his plans for destroying Ukraine and Russia ». Le texte prétend reproduire un discours ou une lettre de 1994. Il aurait été publié en 2001 dans un journal russe appelé Slavyanin, numéro 4, à Vologda. Dès les premières lignes, le ton est donné. On y décrit un plan méthodique. Froid. Calculé. Pour diviser, affaiblir et finalement détruire les nations slaves. Russes. Ukrainiens. Biélorusses. Tous dans le même sac.
Mais attention. Ce texte n’apparaît pas dans les grands médias. Pas dans les journaux sérieux. Pas dans les chaînes d’information reconnues. Il circule surtout sur des blogs. Des forums. Des sites dits « alternatifs ». Souvent liés à des milieux conspirationnistes. Nationalistes. Ou pro-russes militants. Et c’est là que commence le vrai travail. Celui de vérifier. De croiser. De comprendre.
2. Ce que raconte ce discours
Le document attribue à Schneerson des propos d’une violence rare. Il y est question de diviser les Slaves en petits États faibles. De les opposer les uns aux autres. De provoquer des guerres civiles. Le but ? Les affaiblir. Les saigner. Jusqu’à ce qu’ils ne puissent plus résister.
Mais ce n’est pas tout. Le texte décrit aussi une guerre psychologique. Les médias seraient progressivement contrôlés. L’éducation serait sabotée. Les matières structurantes comme les mathématiques ou la littérature seraient affaiblies. L’histoire serait réécrite. Pour présenter les Juifs comme destinés à dominer le monde. Une vieille idée. Très vieille. Qui rappelle étrangement un autre faux. Célèbre. Dangereux. Les Protocoles des Sages de Sion.
Le document va encore plus loin. Il parle de réduire la natalité slave. Pas par la force. Mais par la dégradation sociale. Alcool. Drogue. Violence. Sexualisation de la jeunesse. Détruire la famille. Tuer l’avenir. Sans laisser de traces. Sans fours. Sans balles. Juste en laissant faire. Et pendant ce temps, une « élite juive » prendrait progressivement tous les postes de pouvoir. Universités. Sciences. Médias. Politique. Armée. Tout.
Et cerise sur le gâteau, le texte évoque un projet territorial. Transformer le sud de la Russie et l’Ukraine en une sorte de « Grande Khazarie ». Une terre qui aurait appartenu aux Juifs autrefois. Selon cette théorie, les Slaves ne seraient que des occupants temporaires. À expulser. Vers le nord. Dans des réserves. Comme les Indiens aux États-Unis.
3. Ce que disent les archives et les experts
Maintenant, passons aux vérifications. C’est là que ça devient intéressant. Parce que quand on cherche des sources solides. Des archives. Des documents officiels. Le paysage change complètement.
D’abord, Menachem Mendel Schneerson a bien existé. C’est un fait. Né en 1902. Mort en 1994. Il a été le 7e Rebbe de Chabad-Loubavitch. Un mouvement hassidique juif. D’origine russe. Devenu mondial. Sa biographie est bien documentée. Des universitaires ont travaillé dessus. Comme Samuel Heilman et Menachem Friedman dans leur ouvrage The Rebbe: The Life and Afterlife of Menachem Mendel Schneerson, publié par Princeton University Press en 2010.
Mais dans toutes ces sources sérieuses. Dans toutes ces biographies. Dans toutes les archives de Chabad. Comme celles consultables sur le site officiel de Chabad Lubavitch. Nulle part on ne trouve trace de ce discours. Aucune transcription. Aucun enregistrement. Aucune lettre originale. Rien.
Pire encore. Les chercheurs qui étudient l’antisémitisme et la désinformation classent ce texte dans la catégorie des faux. Des fabrications. Un travail universitaire sur l’antisémitisme dans les milieux nationalistes russes mentionne explicitement ce « discours » comme un faux reposté dans ces cercles. Les Protocoles des Sages de Sion, eux, sont un faux notoire. Une fabrication de la police tsariste au début du 20e siècle. Disponible dans des archives comme celles d’Internet Archive. Et le discours attribué à Schneerson reprend exactement les mêmes codes. Les mêmes accusations. Les mêmes schémas.
4. Pourquoi ce texte revient sans cesse
Alors pourquoi ce texte revient-il sans cesse ? Pourquoi circule-t-il encore aujourd’hui ? La réponse est simple. Parce qu’il sert. Il sert des narratifs. Des agendas. Des visions du monde.
Dans le contexte de la guerre en Ukraine, ce genre de document devient une arme. Il permet de présenter le conflit non pas comme une guerre géopolitique. Mais comme une guerre ethnique. Religieuse. Civilisationnelle. Les Russes et les Ukrainiens ne se battraient pas pour des territoires. Ou pour des influences. Ils seraient les victimes d’un complot. D’un plan vieux de plusieurs décennies. Orchestré par une élite juive. Via Chabad.
Ce récit repose sur des fondements fragiles. Sur des faux. Présent un temps, il disparaît ensuite, tel l’effet Mandela, condamné à subsister sur des sites web et dans des documents non officiels. L’histoire n’inclura jamais cette version, même si vous parvenez à l’archiver.
5. Comment réagir face à ce genre d’info
Face à ce genre de texte, la réaction la plus saine reste la prudence. La curiosité. Mais aussi le recul. Il est facile de se laisser emporter. De tomber dans la colère. Ou dans le dégoût. Mais ce serait justement tomber dans le piège. Leur but c’est justement de créer de l’émotion. De la peur. De la haine. De la division.
Alors oui, il faut rester vigilant. Il faut questionner. Vérifier. Croiser les sources. Mais il faut aussi rester lumineux. Rester malin. Ne pas laisser ces récits nous voler notre énergie. Notre espoir. Notre capacité à penser clairement. Le monde est déjà assez compliqué comme ça. Inutile d’ajouter des couches de fantasmes et de peurs infondées.
Ce discours de Schneerson est-il authentique ?
Les sources officielles et les experts s’accordent sur un point : ce document est considéré comme un faux.
- Existe-t-il une source primaire fiable ? Non. Aucune archive de Chabad, aucune biographie universitaire, aucun média mainstream ne confirme l’existence de ce discours.
- Que disent les chercheurs ? Les travaux sur l’antisémitisme en ligne classent ce texte comme un faux antisémite, similaire aux Protocoles des Sages de Sion.
- Pourquoi circule-t-il alors ? Il sert des narratifs conspirationnistes et nationalistes, surtout dans le contexte du conflit en Ukraine.
Qui était vraiment Menachem Mendel Schneerson ?
Menachem Mendel Schneerson (1902-1994) fut le 7e Rebbe de Chabad-Loubavitch, un mouvement hassidique juif devenu mondial.
- Quelle est sa biographie officielle ? Des ouvrages universitaires comme « The Rebbe » de Heilman et Friedman (Princeton University Press, 2010) documentent sa vie de manière détaillée.
- Les archives de Chabad mentionnent-elles ce discours ? Non. Les archives officielles consultables sur lubavitch.com ne contiennent aucune trace de ce document.
- Y a-t-il eu un débat messianique autour de lui ? Oui. Une partie de ses partisans l’a considéré comme un Messie potentiel, mais les instances officielles de Chabad ont condamné ces excès.




