Le Roman d’un Peuple : L’épopée juive de 1933 à Soldier Field
Un événement monumental
Organisé par Meyer Weisgal avec le soutien de l’Agence juive pour la Palestine, ce spectacle sans précédent marquait le centenaire de la communauté juive à Chicago (1833-1933). Parmi les participants :
- Chaim Weizmann (futur premier président d’Israël)
- Le rabbin Solomon Goldman
- L’écrivain Maurice Samuel
- 3 500 artistes (chanteurs, acteurs, danseurs)
- Un chœur de 3 000 enfants des écoles juives
Contexte historique
La genèse du projet
Meyer Weisgal, directeur des activités sionistes pour le Midwest, s’inspire du succès de son spectacle de Hanoucca en 1932. Il convainc Rufus C. Dawes, président de l’Exposition, d’accorder une « Journée juive » :
– Meyer Weisgal, « So Far » (autobiographie)
Une production titanesque
La mise en scène révolutionnaire pour l’époque comprenait :
- Une scène à 4 niveaux avec une Torah géante
- 46 musiciens cachés sous la scène
- 750 danseuses dispersant des fleurs
- Une étoile de David monumentale
- Des effets sonores et lumineux innovants
– Chicago Tribune, 4 juillet 1933
La venue de Chaim Weizmann
Weisgal négocie avec Weizmann par téléphone depuis Londres :
WEIZMANN : « Mettez-le par écrit. »
– Extrait de « So Far »
Réception et postérité
Le spectacle connaît un succès retentissant :
- 14 colonnes dans le Chicago Tribune
- Une reprise le 6 juillet devant 55 000 personnes
- Une tentative de tournée nationale (limitée par des intempéries)
Sur les sables plats et ensoleillés d’un lieu désert…
Et telle est la romance d’un peuple. »
– Miriam Joyce Selker, poème écrit pour l’événement
Pour aller plus loin
Source principale : Chicago Stories: Jewish Chicago 1833-1933 (WTTW)
Autres ressources :
- « So Far » – Mémoires de Meyer Weisgal
- Archives du Chicago Tribune (juillet 1933)
- American Jewish Archives (Organisation sioniste d’Amérique)
La référence à Moloch dans « Le Roman d’un Peuple
La controverse Moloch : symbole historique ou récupération polémique ?
La représentation du culte de Moloch lors du spectacle de 1933 s’inscrit dans une dramaturgie biblique visant à illustrer les épreuves du peuple juif. Le Livre de Jérémie (7:31) et le Talmud (Sanhédrin 64a) évoquent ce rite cananéen d’offrandes par le feu, que certains interprètent comme une métaphore de l’idolâtrie. Le choix d’inclure cette scène répondait à trois objectifs :
- Contraste narratif : Opposer les cultes polythéistes anciens au monothéisme juif
- Mémoire collective : Rappeler les mises en garde prophétiques contre l’assimilation
- Impact visuel : Créer un moment spectaculaire dans la fresque historique
– Dr. Rachel Feldman, Université Brandeis (Studies in Jewish Performance Arts, 2012)
Certaines analyses contemporaines (comme celles d’Henry Makow) y voient une validation occultiste, mais les archives du spectacle montrent qu’il s’agissait d’une scène de condamnation parmi 22 tableaux chronologiques. Le rabbin Goldman précisait dans ses notes : « Ce passage rappelle pourquoi nos ancêtres furent exilés : pour avoir imité les nations ».