Enquête sur ces fruits et légumes qui traversent la Terre (écologie… lol)

Votre tomate a voyagé plus que vous: enquête sur ces fruits et légumes qui traversent la Terre (sous couvert d’écologie)

Regardez l’étiquette de cette tomate dans votre caddie. Espagne. Celle-ci ? Maroc. Ces haricots verts ? Kenya. Cette mangue ? Brésil. Pendant qu’on vous parle d’écologie, de circuits courts et de consommation responsable, une grande partie de vos fruits et légumes traverse la planète. Par bateau. Par camion. Parfois par avion. Et tout ça, soi-disant, pour vous offrir des produits toute l’année. À bas prix. Sans rupture. Mais à quel coût ? Pour la planète ? Pour votre santé ? Pour votre portefeuille ? Dans cette enquête, on va vous montrer ce qui se cache derrière ces produits qui voyagent plus que vous. On va vous révéler qui gagne vraiment dans cette histoire. Et surtout, on va vous donner des solutions concrètes. Simples. À votre niveau. Sans langage d’expert. Accrochez-vous.

Le coût réel du transport : quand votre assiette pèse plus lourd en CO2 que votre voiture

Commençons par un chiffre qui fait mal. En France, le transport représente environ 19% de l’empreinte carbone de notre alimentation. Mais cette moyenne varie fortement selon les aliments. Pour les fruits et légumes, le transport peut représenter jusqu’à la moitié de leur impact carbone.

Prenons des exemples concrets. Une mangue importée par avion depuis le Brésil génère 11,7 kg de CO2 par kilo. Presque 98% de cet impact vient du transport seul. L’agriculture, elle, ne représente que 1%. Autrement dit : manger une mangue par avion, c’est comme rouler 50 kilomètres en voiture. Juste pour un fruit.

Comparons les modes de transport. Le bateau émet entre 15 et 30 grammes de CO2 par tonne et par kilomètre. Le camion ? Entre 60 et 150 grammes. L’avion ? Entre 570 et 1580 grammes. Soit 50 fois plus que le bateau. Le transport par avion représente seulement 1% des importations de fruits et légumes. Mais il génère 10% de la consommation d’énergie et 24% des émissions de gaz à effet de serre du transport des fruits et légumes importés en France.

Voici quelques ordres de grandeur. Un fruit ou légume venu d’Europe émet environ 460 grammes de CO2 par kilo pour le transport. Un produit venu d’outre-mer par bateau ? 570 grammes. Par avion ? 11 300 grammes. Vous avez bien lu. Onze kilos trois cents grammes de CO2. Pour un kilo de fruit.

Mais ce n’est pas tout. Le transport, c’est aussi une chaîne du froid à maintenir. Du champ à votre assiette. Les camions réfrigérés consomment du carburant. Les entrepôts frigorifiques consomment de l’électricité. Les conteneurs isothermes coûtent cher. Tout ça, c’est de l’énergie. De l’argent. Du CO2.

Le non-respect de la chaîne du froid entraîne chaque année un gaspillage alimentaire de 13% de la production mondiale. Exposer les fruits et légumes à une chaîne du froid adaptée ralentit leur maturation. Mais ça coûte. En énergie. En infrastructure. En logistique.

Et voici ce qu’on ne vous dit pas. Près de 40% des gaz à effet de serre imputables au transport de produits alimentaires sont générés non pas au moment de l’approvisionnement des distributeurs. Mais bel et bien sur le trajet entre le magasin et votre domicile. Vous faites des kilomètres en voiture pour acheter des produits qui en ont déjà fait des milliers. L’ironie est totale.

Emballages de fou : pourquoi tant de plastique pour des produits soi-disant écologiques ?

Regardez dans votre frigo. Ces concombres ? Sous film plastique. Ces tomates cerises ? En barquette plastique. Ces fraises ? En boîte plastique avec opercule. Ces salades ? En sachet plastique prêt à l’emploi. On vous vend ça comme pratique. Hygiénique. Qui conserve mieux. Mais est-ce vraiment le cas ?

Le gouvernement estime que 37% des fruits et légumes sont aujourd’hui vendus sous emballage plastique. Supprimer ces emballages permettrait d’économiser plus d’un milliard d’emballages en plastique inutiles chaque année. Un milliard. Juste en France.

Les supermarchés justifient ces emballages. Ils disent que le plastique protège. Qu’il prolonge la durée de conservation. Qu’il réduit le gaspillage. Selon certaines études, les concombres non emballés génèrent jusqu’à huit fois plus de gaspillage alimentaire que les concombres emballés. Car ils deviennent caoutchouteux et ne peuvent plus être vendus. L’emballage plastique ne pèse ici pas plus que 1,5 à 2 grammes.

Mais d’autres études contredisent ça. Une étude britannique a montré que l’emballage plastique autour des fruits et légumes augmente le gaspillage. L’idée selon laquelle les emballages plastiques jetables préservent la fraîcheur est fausse. Il est plus important de conserver les aliments frais au frais (moins de 5°C) que de les emballer ou pas. Dans le réfrigérateur, la durée de conservation des pommes augmente même de plusieurs mois. L’emballage plastique ne fait en revanche que peu ou pas de différence.

Si les cinq produits étudiés (concombre, laitue, pommes, tomates, poivrons) étaient vendus en vrac et sans date de péremption, on économiserait plus de 10 300 tonnes de plastique et environ 100 000 tonnes de nourriture chaque année. Au Royaume-Uni seulement.

La loi AGEC en France prévoit l’interdiction des conditionnements de fruits et légumes en plastique. Sauf pour les lots de 1,5 kg ou plus et certains produits fragiles. Le règlement européen PPWR va dans le même sens. Avec la fin des emballages plastiques à usage unique en Europe pour les fruits et légumes à échéance 2030. Mais entre les lois et la réalité, il y a un fossé.

Voici ce qu’on ne vous dit pas. La France a interdit les emballages plastiques sur les fruits et légumes en janvier 2022. Mais l’UE a repoussé l’interdiction générale à 2030 via le règlement PPWR. Résultat ? Les enseignes françaises peuvent à nouveau en mettre. Les lobbys du plastique ont gagné du temps. Huit ans de plus. Huit ans de plastique inutile.

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Pourquoi tant de plastique alors ? Parce que les produits qui voyagent loin ont besoin de protection. Ils subissent des chocs. Des variations de température. Des manipulations. Des semaines de transport. Le plastique, c’est pas cher. C’est léger. Ça protège. Mais ça pollue. Et ça crée une illusion de fraîcheur.

Normes et traitements : l’hypocrisie sanitaire

Voici ce qui va vous surprendre. Les fruits et légumes importés de pays hors UE ne sont pas soumis aux mêmes règles que les producteurs européens. Les agriculteurs français et européens ne peuvent pas utiliser certains pesticides. Certains traitements. Certaines substances. Mais les produits importés, si.

La France a suspendu l’importation de fruits et légumes traités avec cinq substances actives interdites en Europe. Carbendazime. Bénomyl. Glufosinate. Thiophanate méthyl. Mancozèbe. Ces substances sont interdites pour les producteurs européens. Mais on en trouve dans des produits importés. Oranges. Pommes. Mangues. Tomates. Raisins. Avocats. Fraises.

L’arrêté du 5 janvier 2026 concerne différents fruits, légumes et céréales dans lesquels des résidus de ces substances peuvent être présents à des niveaux trop élevés. Les ministres parlent de cohérence. D’équité. De justice. Pour réduire l’inégalité de traitement appliquée aux producteurs européens.

Mais les contrôles restent peu fréquents. Les limites maximales de résidus (LMR) s’appliquent en principe de manière indifférente aux denrées produites dans l’UE et à celles importées. En réalité, les marchandises importées figurant sur certaines listes doivent obligatoirement faire l’objet d’un contrôle avant-dédouanement. Les fréquences varient de 5% à 50% selon le niveau de risque. Autrement dit : jusqu’à 95% des envois peuvent ne pas être contrôlés physiquement.

L’homologation d’une nouvelle substance phytopharmaceutique coûtait en 2008 entre 120 et 160 millions d’euros. Contre 12 millions en 1975. Les nouvelles exigences ont conduit à une augmentation drastique du coût de développement. Les fruits et légumes tropicaux sont classés parmi les usages mineurs. Ce qui rend l’homologation encore plus difficile et coûteuse.

Résultat ? Les producteurs européens doivent respecter des normes strictes. Coûteuses. Contraignantes. Pendant que des produits importés, traités avec des substances interdites ici, arrivent sur les étals. À bas prix. Avec des résidus. Et une étiquette contrôlé.

Greenwashing : le bio qui pollue plus que le conventionnel local

Voici ce que personne ne vous dit. Un produit bio importé par avion peut avoir un bilan carbone 30 à 50 fois supérieur à un produit local non bio. Mais vous l’achetez. Parce qu’il a un label. Parce qu’il est vert. Parce qu’il est bio.

Prenons un exemple concret. Une mangue bio du Brésil, importée par avion, génère 11,7 kg de CO2 par kilo. Une pomme locale, non bio, cultivée en plein air ? 0,2 kg de CO2 par kilo. Cinquante-huit fois moins. Mais la mangue a un label bio. Et la pomme, non. Alors laquelle est vraiment écologique ?

Les certifications comme GlobalGAP, Rainforest Alliance ou Agriculture Biologique UE ne prennent pas en compte le transport. Elles certifient les méthodes de culture. Pas les kilomètres parcourus. Résultat ? Vous pouvez acheter un produit bio, certifié durable, qui a voyagé 10 000 kilomètres. Et pollué comme un camion sur un mois.

L’ADEME, via sa base Agribalyse, permet de comparer l’impact environnemental de 2 500 produits alimentaires. Selon leurs données, le transport peut représenter jusqu’à 90% de l’impact total d’un fruit exotique bio. L’agriculture biologique, elle, ne représente que 5 à 10%. Mais c’est le label bio qui est mis en avant. Pas le transport. C’est ça, le greenwashing.

Autre exemple : les amandes bio de Californie. Elles nécessitent 16 000 litres d’eau par kilo. Dans une région en stress hydrique permanent. Elles voyagent 9 000 kilomètres. En bateau. Puis en camion. Leur bilan carbone ? 4,5 kg de CO2 par kilo. Des noisettes locales ? 0,5 kg de CO2. Neuf fois moins. Mais les amandes ont un label bio. Et les noisettes, non.

Le bio est important. Mais pas à n’importe quel prix. Un produit bio local, c’est écologique. Un produit bio importé par avion, c’est du marketing. Et vous payez les deux. Le prix fort. Et la pollution maximale.

Serres chauffées : l’illusion européenne

Voici une autre vérité cachée. Cette tomate étiquetée Espagne que vous achetez en janvier ? Elle n’a pas été cultivée en plein air. Elle a poussé sous serre chauffée. Au gaz. Ou au fioul. Et son bilan carbone est équivalent à un produit qui a voyagé 5 000 kilomètres.

Selon l’ADEME, une tomate cultivée sous serre chauffée en Espagne émet entre 3 et 5 kg de CO2 par kilo. Une tomate française, de saison, cultivée en plein air ? 0,3 kg de CO2 par kilo. Dix à quinze fois moins. Mais la tomate espagnole est disponible en janvier. La française, non. Alors vous achetez l’espagnole. En vous disant que c’est mieux que le Kenya.

C’est vrai. C’est mieux que le Kenya. Mais c’est dix fois pire que la tomate française de juillet. Et vous ne le savez pas. Parce que l’étiquette dit juste Espagne. Pas serre chauffée au gaz. Pas 5 kg de CO2. Juste Espagne. Et vous pensez faire un choix européen. Responsable. Écologique.

Même chose pour les fraises d’hiver. Celles d’Espagne ou du Maroc ? Cultivées sous serre chauffée. Avec des traitements. Pour vous offrir des fraises en décembre. À 5 euros la barquette. Des fraises françaises, de saison ? Elles existent. De mai à juillet. À 3 euros. Mais en décembre ? On vous vend l’illusion. Celle des fraises toute l’année.

Cette illusion a un nom. La disponibilité permanente. On vous a vendu l’idée qu’il faut pouvoir acheter n’importe quoi, n’importe quand. Des tomates en janvier. Des fraises en décembre. Des mangues toute l’année. Et cette disponibilité, elle a un coût. Pour la planète. Pour votre santé. Pour votre portefeuille.

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Qui règne ? Qui perd ? Qui gagne vraiment dans cette histoire ?

Voici la question qui fâche. Dans le prix que vous payez pour ces fruits et légumes qui voyagent, qui gagne quoi ? On va vous donner des chiffres concrets.

Sur un produit alimentaire importé, la répartition moyenne de la valeur est la suivante. Les agriculteurs ne captent que 8% de la valeur. Les transformateurs et industriels : 14%. Les importations : 35%. La distribution : 43%. Vous avez bien lu. Quarante-trois pour cent. Presque la moitié du prix que vous payez revient à la grande distribution.

Prenons un exemple concret. Le prix moyen au détail d’un fruit ou légume atteint 3,24 euros par kilo. Contre 1,80 euro à l’expédition. Soit une marge brute agrégée de 1,44 euro par kilo. Qui récupère cette marge ? Les centrales d’achat. Les plateformes logistiques. Les enseignes. Pas l’agriculteur. Pas le transporteur. Pas vous.

Les importateurs de fruits exotiques visent une marge bénéficiaire cible de 15%. Avec un coût unitaire inférieur à 2 euros par kilo pour les mangues. Mais cette marge s’ajoute à celles des distributeurs. Qui elles, peuvent atteindre 30% à 60% selon les produits et les enseignes.

Entre le producteur et vous, le produit passe entre les mains de différents opérateurs. Ils calent. Ils trient. Ils conditionnent. Ils stockent. Ils transportent. Ils importent. Ils dédouanent. Ils contrôlent. Et bien sûr, ceux-là prennent leur dîme. Pas forcément illégitime d’ailleurs. Ces tâches nécessitent investissements et main-d’oeuvre. Mais la part du gâteau devient disproportionnée.

Qui règne ? Les centrales d’achat. Les grands importateurs. Les enseignes de la grande distribution. Qui perd ? Les producteurs locaux. Les petits agriculteurs. Les circuits courts. Et vous, consommateur, qui payez des produits qui ont voyagé plus que vous, avec des traitements interdits ici, dans des emballages plastiques, sous couvert d’écologie.

Qui gagne le plus ? La grande distribution. Avec 43% de la valeur. Suivi des importateurs avec 35%. Les agriculteurs ? 8%. Huit pour cent. C’est ça, la réalité.

Exemples concrets du quotidien : ce que vous achetez sans le savoir

Voici des exemples que vous vivez tous les jours. Sans le savoir.

La tomate en hiver. Vous achetez des tomates en janvier. Elles viennent d’Espagne. Ou du Maroc. Elles ont voyagé 2 000 à 3 000 kilomètres. En camion réfrigéré. Elles ont été cultivées sous serre chauffée. Avec des pesticides interdits en France. Elles sont vendues 3 euros le kilo. Une tomate locale, de saison, cultivée en plein air ? Impossible en janvier. Mais vous en achetez. Parce qu’on vous a vendu l’idée qu’il faut des tomates toute l’année.

Les haricots verts du Kenya. Ils arrivent par avion. Deux fois par semaine. Ils parcourent 7 000 kilomètres. En six heures. Ils sont vendus 4 euros le kilo. Des haricots verts français, de saison ? Ils existent. De juin à octobre. À 2 euros le kilo. Mais en hiver ? On vous vend ceux du Kenya. Parce qu’il faut du choix. Toute l’année.

La mangue du Brésil. Elle arrive par avion. Elle parcourt 9 000 kilomètres. Elle génère 11,7 kg de CO2 par kilo. Elle est vendue 3 euros pièce. Une mangue ? Trois euros. Mais elle a voyagé plus que vous cette année. Et elle a pollué comme une voiture sur 50 kilomètres.

Les pommes de terre de Belgique. Elles parcourent 300 kilomètres en camion. Elles sont lavées. Calibrées. Emballées dans du plastique. Vendues 1,50 euro le kilo. Des pommes de terre françaises ? Il y en a. À 80 centimes le kilo. En vrac. Sans emballage. Mais elles sont moins belles. Moins calibrées. Moins marketing.

Les fraises en décembre. Elles viennent d’Espagne. Ou du Maroc. Sous serre chauffée. Avec des traitements. Elles sont vendues 5 euros la barquette de 500 grammes. Des fraises françaises, de saison ? Elles existent. De mai à juillet. À 3 euros la barquette. Mais en décembre ? On vous vend celles d’Espagne. Parce qu’il faut des fraises. Toute l’année.

Ces exemples, vous les vivez. Tous les jours. Dans votre caddie. Dans votre frigo. Dans votre assiette. Et personne ne vous dit la vérité. Sur le coût réel. Sur l’impact réel. Sur qui gagne vraiment.

Comment faire mieux, simplement ? 7 actions concrètes à votre niveau

Alors oui. Le tableau est sombre. Mais ne tombez pas dans le piège de la colère ou du dégoût. Ce serait justement ce que le système attend. Vous décourager. Vous faire baisser les bras. Restez lumineux. Restez malin. Ce système n’est pas une conspiration. C’est un modèle économique. Et un modèle, ça se change. Pas avec de la rage. Avec de la stratégie.

Voici sept actions concrètes. Simples. À votre niveau. Dès maintenant.

1. Téléchargez un calendrier des fruits et légumes de saison. Collez-le sur votre frigo. Achetez uniquement ce qui est dedans. Une pomme en automne ? France. Une tomate en été ? France. Des fraises en mai ? France. Des clémentines en hiver ? Corse ou Espagne, c’est déjà mieux que le Maroc. Les circuits courts réduisent les kilomètres alimentaires. Et soutiennent les producteurs locaux.

2. Allez au marché le samedi matin. Prenez vos propres sacs en tissu. Demandez aux producteurs d’où vient le produit. Privilégiez le vrac. Moins d’emballage. Moins de plastique. Moins de déchets. Les marchés. Les primeurs. Les rayons vrac des supermarchés. Vous remplissez vos propres sacs. Vous payez moins cher. Vous polluez moins.

3. Regardez l’étiquette avant d’acheter. Si c’est Kenya, Brésil, Thaïlande pour des produits frais, reposez-le. Choisissez France ou Europe. Évitez les produits transportés par avion. Mangues. Asperges. Fruits rouges hors saison. Haricots verts du Kenya. Ces produits génèrent 50 fois plus de CO2 que ceux transportés par bateau. Si vous voulez vraiment une mangue, choisissez-la transportée par bateau. Même si elle est moins parfaite.

4. Acceptez les produits moins calibrés. Une pomme un peu tordue, c’est aussi bon. Une carotte un peu fourchue, c’est aussi nutritif. Les circuits courts proposent souvent des paniers de produits hors calibre. Moins chers. Plus écologiques. Plus justes. Un panier AMAP ? 30% moins cher que le supermarché. 80% de CO2 en moins. Et l’agriculteur récupère 60% du prix, contre 8% en circuit long.

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5. Cuisinez les produits bruts. Les produits transformés, prêts à consommer, sont souvent suremballés. Et plus chers. Une salade en sachet ? 2 euros les 200 grammes. Une salade entière ? 1 euro. Et vous la lavez vous-même. En 2 minutes.

6. Posez 5 questions avant d’acheter. 1. D’où vient ce produit ? (Regardez l’étiquette). 2. Est-ce de saison ? (Consultez un calendrier). 3. Y a-t-il trop d’emballage ? (Préférez le vrac). 4. Est-ce que je peux le trouver en local ? (Cherchez une alternative française). 5. Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? (Évitez l’achat impulsif).

7. Interrogez les enseignes. Demandez l’origine exacte. Le mode de transport. L’absence de traitements interdits. Les enseignes commencent à afficher ces infos. Plus vous demandez, plus elles devront être transparentes.

8. Partagez l’info. Parlez-en autour de vous. Partagez cet article. Expliquez à vos proches. Plus on en parle, plus la pression monte. Et plus le système devra changer.

Rappel important. Ne faites pas tout d’un coup. Ne vous mettez pas la pression. Commencez par un ou deux gestes. Puis ajoutez-en d’autres. Le but n’est pas la perfection. C’est le progrès. Chaque euro compte. Chaque choix compte. Chaque voix compte.

Ce système n’est pas une fatalité. Chaque euro que vous dépensez est un vote. Votez pour des producteurs locaux. Votez pour des circuits courts. Votez pour des produits de saison. Et regardez ce qui se passe. Les rayons s’adaptent. Les enseignes changent. Les lois évoluent. Mais ça commence par vous. Aujourd’hui. Dans votre caddie.

FAQ : les questions que tout le monde se pose

Quel est l’impact réel du transport des aliments sur le climat ?

Le transport représente environ 19% de l’empreinte carbone de l’alimentation en France. Pour les fruits et légumes, ça peut monter à 50%. Un fruit importé par avion génère jusqu’à 50 fois plus de CO2 que le même fruit transporté par bateau.

  • 11,7 kg de CO2 pour une mangue importée par avion (par kilo). Vrai. Source : Impact CO2 / ADEME.
  • 50 fois plus d’émissions en avion qu’en bateau. Vrai. Source : ADEME / Alimentarium.
  • 40% des émissions du transport alimentaire viennent du trajet magasin-domicile. Vrai. Source : Swissveg.
  • Tous les fruits importés sont mauvais pour le climat. Faux. Ceux transportés par bateau ont un impact modéré. C’est l’avion qui explose le bilan.
Pourquoi tant de plastique autour des fruits et légumes ?

Les supermarchés justifient le plastique par la protection et la conservation. Mais des études montrent que le plastique augmente parfois le gaspillage. 37% des fruits et légumes sont vendus sous emballage plastique en France. La France a interdit ces emballages en 2022, mais l’UE a repoussé l’interdiction à 2030 via le règlement PPWR.

  • 1 milliard d’emballages pourraient être économisés par an en France. Vrai. Source : Gouvernement / UFC-Que Choisir.
  • Le plastique conserve mieux les aliments. Discuté. Certaines études le confirment, d’autres le contredisent. La température compte plus que l’emballage.
  • La France a interdit le plastique en 2022. Vrai. Mais l’UE a repoussé à 2030. Source : EUR-Lex / Reporterre.
Les produits bio importés sont-ils vraiment écologiques ?

Un produit bio importé par avion peut avoir un bilan carbone 30 à 50 fois supérieur à un produit local non bio. Les labels bio (Agriculture Biologique UE, GlobalGAP, Rainforest Alliance) ne prennent pas en compte le transport. Juste les méthodes de culture.

  • 11,7 kg de CO2 pour une mangue bio par avion. Vrai. Source : Impact CO2.
  • 0,2 kg de CO2 pour une pomme locale non bio. Vrai. Source : Agribalyse / ADEME.
  • Les labels bio certifient aussi le transport. Faux. Ils certifient uniquement les méthodes de culture.
Les tomates d’Espagne en hiver sont-elles écologiques ?

Non. Les tomates d’Espagne en hiver sont cultivées sous serre chauffée (gaz ou fioul). Leur bilan carbone est de 3 à 5 kg de CO2 par kilo. Une tomate française de saison, en plein air ? 0,3 kg de CO2. Dix à quinze fois moins.

  • 3 à 5 kg de CO2 pour une tomate sous serre chauffée. Vrai. Source : ADEME.
  • C’est mieux que les tomates du Kenya. Vrai. Mais 10 fois pire que la tomate française d’été.
  • L’étiquette indique « serre chauffée ». Faux. L’étiquette indique juste « Espagne ». Pas le mode de culture.
Qui gagne le plus dans le prix de mes fruits et légumes importés ?

Sur un produit importé, la répartition moyenne est : agriculteurs 8%, transformateurs 14%, importateurs 35%, distribution 43%. La grande distribution récupère presque la moitié du prix que vous payez. Les circuits courts permettent aux agriculteurs de récupérer 60% du prix.

  • 43% du prix revient à la grande distribution. Vrai. Source : RMC / études marges.
  • 8% seulement revient aux agriculteurs. Vrai. Source : RMC.
  • 35% va aux importateurs. Vrai. Source : RMC.
  • Les circuits courts sont moins chers. Généralement vrai. En supprimant les intermédiaires, le prix peut baisser de 20% à 40%.
Les produits importés sont-ils moins sûrs que les produits locaux ?

Les produits importés ne sont pas toujours soumis aux mêmes règles que les producteurs européens. Certains pesticides interdits en UE sont utilisés ailleurs. La France a suspendu l’importation de produits traités avec 5 substances interdites en Europe via l’arrêté de janvier 2026. Les contrôles varient de 5% à 50% selon les risques.

  • 5 substances actives interdites en UE sont retrouvées dans des produits importés. Vrai. Source : Ministère de l’Agriculture, arrêté 2026.
  • Tous les produits importés sont dangereux. Faux. La majorité respecte les normes. Mais des écarts existent.
  • Les producteurs européens ne peuvent pas utiliser ces substances. Vrai. C’est pour ça que les ministres parlent d’inégalité de traitement.