Le débat sur l’éducation à la sexualité à l’école primaire vient de connaître un nouveau rebondissement. Marie-Estelle Dupont, psychologue clinicienne reconnue, a pris position après la révélation d’une lettre choc adressée au ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye.
À l’origine de ce courrier : les associations SOS Éducation et les Mamans Louves, qui dénoncent des « dérives inquiétantes » lors d’une séance destinée à des élèves de CM2.
Un sujet sensible, des enjeux majeurs
D’une voix mesurée mais ferme, la spécialiste soulève des questions cruciales :
« Parler de sexualité à des enfants de 10 ans n’est pas anodin. Cela touche à l’intime, à la pudeur, et surtout à leur construction psychique. »
Pour elle, le problème ne réside pas dans le fait d’aborder ces thèmes, mais dans la manière dont ils sont présentés.
« À cet âge, l’enfant n’a pas les clés pour comprendre certaines notions. Une approche trop explicite ou idéologique peut créer de la confusion, voire une sexualisation précoce. »
L’école peut-elle remplacer les parents ?
Un autre point d’achoppement concerne le rôle des familles.
« Comment peut-on organiser des ateliers sur un sujet aussi personnel sans impliquer les parents ? »
Selon elle, l’école ne devrait pas se substituer aux discussions familiales, mais plutôt les compléter avec « pédagogie et transparence ».
Les témoignages recueillis par les associations font état d’exercices jugés « déplacés », comme des schémas anatomiques trop détaillés ou des questions intrusives sur les pratiques sexuelles. Des situations qui, pour Marie-Estelle Dupont, « franchissent une ligne rouge » en exposant des enfants à des contenus inadaptés à leur maturité.
Quelle solution ?
La spécialiste plaide pour des « cadres clairs » : des interventions « graduelles, respectueuses du développement de l’enfant, et toujours co-construites avec les parents ». Un équilibre délicat, alors que les polémiques sur l’éducation affective et sexuelle (EAS) se multiplient.
Une chose est sûre : le sujet, éminemment politique, ne laissera pas indifférent. Entre « prévention nécessaire » et « protection de l’innocence », le débat est loin d’être clos.
Et vous, qu’en pensez-vous ? L’école doit-elle aller plus loin dans ces enseignements – ou au contraire, revenir à des fondamentaux moins controversés ?



